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Dauversière - La rapidité, la performante et la productivité
sont le lot quoti- dien de plusieurs d'entre-nous.
Mais, de plus en plus de gens tendent à vouloir se
rapprocher de la nature; un style de vie que Majella
Boudreau a choisi. Celui- ci possède une ferme familiale
à Dauversière, non loin de Petit- Rocher.
Natacha Doucet Depuis quelques années, il partage son amour pour les animaux et la nature avec les gens qui se rendent à sa ferme familiale. Il leur propose des promenades en forêt à, cheval ou en traîneau. C'est une façon de leur permettre de se dis- tancer des soucis et des tourments du quotidien. Ces promenades sont aussi un moyen de voyager dans le temps, à la découverte des tmditions des peuples autochtones qui sont une source d'inspiration pour Majella Bouleau. Il leur voue un grand respect. "J'essaie de modérer, de ralentir la vitesse que l'homme blanc a implantée. J'essaie de ramener la lenteur et la force des premiers peuples", raconte-t-il. |
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La leçon des animaux
Une chose primordiale dans sa vie, c'est évidemment
la présence des animaux, le contact direct avec la
nature. "En tant qu'enfant unique, le contact avec
la nature est obligatoire", raconte celui qui passait
une grande partie de ses hivers à Dauversière avec
son père qui bûchait la terre où il est installé
aujourd'hui. "Les grands espaces offraient aux enfants
de quoi s'occuper", se souvient-t-il.
Ce qu'il fait aujourd'hui est une façon de partager l'héritage qu'il a reçu de son père qui avait lui-même acheté des parties de terrains ayant appartenus à son propre père et à ses frères. Si Majella Boudreau est propriétaire de cette terre aujourd'hui, c'est un peu grâce à l'un de ses oncles qui a détruit la grange et la maison qui s'y trouvaient à la fin des années 1960. Le gouvernement de l'époque avait décidé d'acheter les terres, mais la vente n'avait pas eu lieu. Sa grange et sa maison actuelle ont été construites vers le milieu des années 1980 avec l'aide de gens de son entourage. Il y a toujours chez les Boudreau environ 10 chevaux, des moutons, une vache, une chèvre, des poules, des chiens et des chats. M. Boudreau mentionne qu'il est arrivé bien souvent à aider les gens à dépasser leur crainte des chevaux. Il dit que "si le diable existe, c'est lui qui a empêché l'animal de parler pour nous enseigner comment mieux vivre et se respecter les uns les autres". "Si on prenait le quart de ce qu'on voit chez les animaux, on serait peut-être de meilleurs êtres humains, avance-t-il. A-t-on déjà vu des génocides d'animaux?". S'il pouvait s'identifier à un animal, ce serait la tortue parce que, selon les Hurons, l'être humain serait venu au monde sur le dos d'une tortue. "J'aime prendre mon temps, me donner la peine de regarder ce qu'il y a aux alentours. Une tortue est lente, mais forte et tenace aussi", souligne l'ami de la nature. Majella Boudreau a cherché à rencontrer des autochtones toute sa vie. Aujourd'hui, il affirme avoir trouvé un équilibre. Il semble avoir trouvé ce qu'il cherche. Les réponses se trouvent souvent plus près de nous qu'on le pense. "Je me définis comme un homme de la nature. J'essaie de ne pas accorder trop d'importance à l'argent. L'important, c'est la santé et l'acceptation des choses", soutient-t-il. Il se souvient d'une époque où il se rendait à l'étang à truites pour faire instinctivement une danse indienne, pour soulager ce malaise que nous ressentons tous à un moment ou à un autre dans notre vie. On sent qu'il est en paix. Il chérit la vie sur la ferme avec son épouse Jacqueline et leur fils de 12 ans, Rico. "Ma famille m'encourage à être qui je suis", souligne Majella Boudreau. Aujourd'hui, il se rend près de l'étang à truites en compagnie de son fils Rico, qui joue du tam-tam. "Lorsque je le regarde, je me dis que, c'est ça. J'ai trouvé mon indien en mon fils, Rico." Rico Équitation chez Majella est ouvert à l'année et offre des randonnées en traîneau ou en calèche sur réservation. Les chevaux sont aussi disponibles pour l'équitation pour les fêtes d'enfants, la période de Noël et d'autres occasions spéciales. Il est également possible de faire des promenades en poney. Roci Équitation chez Majella est situé à Dauversière à 8,2 km de la route 11, sortie 326 (Petit-Rocher). |
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Majella Boudreau a probablement du sang autochtone
dans les veines, et ce des deux côtés de sa famille.
Mais, pour lui, ce n'est pas cela qui est important.
"C'est en dedans que ça se passe. On peut être plus frère qu'un frère de sang", fait remarquer celui qui se rend à sept-îles, au Québec, régulièrement depuis huit ans. C'est qu'il s'est trouvé des affinités avec les autochtones de cette région, plus précisé- ment les Innus. Avec le temps, c'est devenu pour Majella Boudreau un deuxième chez- soi. "Ce sont des pêcheurs, des chasseurs et des trappeurs. Lorsque j'y retourne,je retrouve ma famille, mon monde. J'ai un attachement là-bas. Tous me connaissent. La plupart ont une qualité à me donner et j'apprécie leur attachement familiale ce sont des gens qui se battent pour la survie de leur familles", souligne M. Boudreau. L'été dernier, il a d'ailleurs eu l'occasion d'être du grand rassemblement des membres de 38 nations, à Mani-Utenam, en compagnie de son fils Rico. Ils y ont côtoyé des aînés qui cherchent à transmettre la tradition aux leurs. Il a même eu l'honneur de participer à la danse des aînés. Majella s'est toujours senti très proches des autochtones. Il a longtemps cherché à les côtoyer et il est fasciné par eux. Il raconte avoir été marqué par Max Gros Louis, au début des années 1980, ce fondateur et dirigeant d'organismes voués à la culture et aux droits amérindiens. Il a récemment fait la connaissance de Maurice Pinet (Metshu Kashiuass), un Innu de Sept-Îles. Les deux hommes avaient entendu parler l.un de l'autre depuis environ six ans et leurs amis communs leur disaient qu'ils devaient se rencontrer. Cette rencontre s'est produite l'été passé, chez Majella Boudreau. "Le voir m'a frappé au coeur", se rappelle-t-il. Il a ressenti quelque chose qui n'arrive pas souvent. Ce fût une rencontre touchante pour ces deux hommes qui se sont tout de suite compris. Après trois heures à se raconter leur vue lorsqu'ils visitaient la terre de Majella, ils ont partagé un repas qui a marqué le début d'une amitié profonde. Être frappé ou touché d'une telle façon par un inconnu est difficilement explicable. "C'est un vrai Amérindien. Quand je parle des Amérindiens, je parle de moi", déclare-t-il. On peut dire qu'il en est un au plus profond de son âme. Majella Boudreau est attaché aux valeurs traditionnelles qui prévalent encore chez les peuples autochtones. Celui que même les Innus appellent affectueusement "le sauvage" transporte les gens bien plus loin que son camp en forêt. En plus du paysage magnifique lors du trajet en traîneau, un arrêt est prévu à son camp pour se réchauffer devant le poêle. Il profit de cet arrêt pour raconter les coutumes et les songes autochtones. "J'essaie de partager avec les gens les connaissances autochtones", dit-il. |
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